Grand Prix d'Europe à Valence
Cinq ans après son dernier succès en F1, Rubens Barrichello a renoué avec la victoire à l'occasion du Grand Prix d'Europe dans les rues de Valence. Le pilote brésilien a profité d'un cafouillage lors du dernier arrêt de Lewis Hamilton, finalement deuxième, pour prendre la tête dans le dernier tiers de course. Kimi Räikkönen complète le podium.
Pour la première fois de la saison, une monoplace armée du KERS s'était installée en pole position : il n'y a donc pas eu photo à l'extinction des feux, Hamilton prenant le commandement des opérations devant Kovalainen et Barrichello.
La hiérarchie est cependant bien moins limpide dans le peloton, où Button cafouille sa mise en route et chute à la neuvième place. Pour son premier départ en F1, Romain Grosjean n'est pas dépaysé des courses de GP2 Series. Le Franco-Suisse est pris dans un accrochage et se voit contraint de passer par les stands pour changer d'aileron, à l'instar de Sébastien Buemi et de Timo Glock (crevaison).
Hamilton lui, creuse lentement mais surement l'écart en tête de la course à l'aide de records du tour. Fort de deux secondes d'avance sur Kovalainen au second tour, le Britannique triple pratiquement son avance au dixième passage. Barrichello tente tant bien que mal de s'accrocher aux échappements des deux McLaren-Mercedes et pointe à huit secondes du leader. Button, neuvième à 18 secondes, semble avoir fait son deuil de la victoire... mais pas des points !
Hamilton choisit le 15ème tour pour réaliser son premier arrêt ravitaillement et laisse - l'espace d'un instant - la tête de la course à Kovalainen, qui l'imite une boucle plus tard. Barrichello, plus lourd que ses deux rivaux, donne alors le maximum en tête pour faire le trou. Après son arrêt, au 19ème passage, le Brésilien a fait la moitié du chemin : il se défait Kovalainen, qui tombe à la 3ème place, mais reste derrière Lewis Hamilton.
Déjà perturbé par une pompe à essence capricieuse, qui l'a contraint à passer une seconde fois par les stands en deux tours, Sebastian Vettel aperçoit dans ses rétroviseurs un panache de fumée jaillir de ses échappements et n'a d'autre solution que d'immobiliser sa voiture à hauteur d'un échappatoire. Sa course, et probablement celle au titre, s'arrête là.
A l'avant, l'évènement n'a pas ému les ténors qui ne ménagent pas leur bolide et V8. Hamilton a repris un peu d'air - quatre secondes - sur Barrichello tandis que Kovalainen commence à lâcher prise. Le Finlandais pointe à neuf secondes de son équipier et voit son compatriote Räikkönen pointer le bout de son museau, bien décidé à s'offrir un second podium en deux courses, le troisième cette saison.
Relégué dans l'anonymat depuis l'ouverture du week-end, le revenant Luca Badoer s'illustre par... sa maladresse. Le pilote italien empiète sur la ligne blanche à sa sortie des stands et s'attire les foudres des commissaires : il est puni d'un « drive-through ».
Barrichello décide de passer à l'attaque au 34ème tour. Le pilote Brawn GP hausse le ton et se rapproche du leader Hamilton, mais ce dernier - du moins son écurie - va lui faciliter la tâche : le champion du monde en titre est victime d'une errance de son team qui n'avait pas préparé les pneumatiques à temps pour son second arrêt ! Une fois reparti, la victoire s'est envolée mais Lewis parvient malgré tout à conserver la deuxième place.
Barrichello s'arrête lui à 18 tours du but et a la piste libre devant lui. Au même instant, tout sourit à l'écurie Brawn GP. Button s'offre le scalp de Webber à la faveur de la deuxième vague de ravitaillements et lui chipe les points de la septième place.
Bien que relégué à sept secondes de Barrichello aux environs du 46ème tour, Hamilton ne lâche pas le morceau. Le Britannique réduit secteur après secteur l'écart qui le sépare de la Brawn GP mais Barrichello ne s'affole pas, la situation est sous contrôle. Rien ne s'opposera à la première victoire du Brésilien cette saison, la dixième de sa carrière.
Kimi Räikkönen a lui aussi profité de son second arrêt pour déposséder Heikki Kovalainen de la troisième marche du podium. Le pilote McLaren-Mercedes est finalement quatrième, menacé jusqu'au bout par Nico Rosberg, cinquième pour sa septième arrivée consécutive dans les points.
Le top 8 est complété par le chouchou des tribunes Fernando Alonso, sixième, Jenson Button et Robert Kubica, qui n'avait plus inscrit de points depuis le Grand Prix de Turquie en juin dernier.
Romain Grosjean a vu l'arrivée du premier Grand Prix de sa carrière en F1 à la quinzième place, derrière Timo Glock, auteur dans les derniers instants de la course du meilleur tour en course.
Le vainqueur du jour est également le grand bénéficiaire au classement pilotes : Barrichello reprend huit points à Button et la deuxième place à Mark Webber. Le Brésilien ne pointe plus désormais qu'à dix-huit points de son équipier.
Les Brawn GP, à la compétitivité retrouvée, garderont-elles la main lors du prochain rendez-vous ? Les plus impatients peuvent souffler : réponse dès la semaine prochaine, pour le mythique Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps.
Source : GPUpdateBarrichello : "Le titre très possible"
Revenu à 18 points de Jenson Button (Brawn), le leader du Mondial, le Brésilien Rubens Barrichello (Brawn) croit plus que jamais en ses chances depuis sa victoire à Valence.
Quels sont vos sentiments après votre victoire ?
Rubens Barrichello : Le week-end a été fantastique. Je ne l'oublierai jamais. Comme je n'ai pas oublié comment gagner. Je dédie cette victoire à tout le Brésil, particulièrement à Felipe (Massa). C'est un si bon ami. Ce que j'ai mis sur mon casque (un autocollant : Felipe, reviens vite en piste !) est vrai. J'avais deux souhaits : le premier, qu'il soit le même homme qu'avant. Et il l'est. Le second était qu'il soit le même pilote qu'avant. Je pense qu'il sera encore plus fort qu'avant.
C'est la 100e victoire brésilienne en F1.
R.B. : Elle rentre dans l'histoire, n'est-ce pas ? Le numéro 100 sera toujours fameux, même si cela ne m'intéresse pas vraiment. Ce qui m'importe, c'est mon travail et la reconnaissance professionnelle. Je pense que l'équipe le sait. L'an passé, les gens pensaient que c'en était terminé de moi mais maintenant je peux montrer que ce n'était pas le cas. J'ai toujours su que j'avais cela en moi. Je pense que je viens juste d'atteindre le sommet de ma vitesse, et j'en ai encore plus en moi. J'espère que je pourrai continuer. J'espère que je pourrai encore beaucoup gagner.
Cette victoire est votre première depuis votre départ de chez Ferrari.
R.B. : C'est vrai. J'ai quitté Ferrari quand j'ai pensé que je méritais d'avoir toutes les chances avec moi pour gagner (Michael Schumacher, son coéquipier à la Scuderia, était systématiquement favorisé, ndlr). Alors j'ai voulu tenter ma chance ailleurs. Mais malheureusement, je n'ai jamais eu de bonne voiture. Pendant trois ans, la Ferrari était bien meilleure que la mienne, donc ce n'était pas possible. C'est la première fois que j'ai une bonne voiture. C'est un peu spécial. Cela vient au moment opportun.
Quelle la situation chez Brawn GP avec Jenson Button ?
R.B. : Il est toujours très compétitif et il travaille énormément. Il pilote la voiture très facilement. Ces trois dernières années, nous avons chacun été à plusieurs moments du championnat meilleur que l'autre. C'est bon pour l'équipe que nous nous poussions mutuellement. Mon problème en début d'année est que je n'arrivais pas à être performant en qualifications avec beaucoup d'essence à bord. Je suis plus souvent arrivé devant lui en Q2 que le contraire. Mais j'ai connu des problèmes en Q3. Le prochain week-end à Spa-Francorchamps sera excellent pour nous si nous voulons prouver que la voiture peut aussi être compétitive quand les températures sont plus basses. Ce sera un bonne bataille, mais une bataille saine entre nous deux.
Pensez-vous pouvoir remporter le championnat ?
R.B. : Je suis un croyant. Je rêve et travaille fort chaque jour. C'est la seule manière pour moi de me mettre dans une position gagnante. J'ai eu de superbes vacances et je suis rentré prêt à cela. Donc c'est une superbe victoire. Bien sûr qu'elle me place dans une meilleure position au championnat. Je dois juste continuer de travailler. Cela est très, très, possible.
Source : Eurosport